Recette d’un projet
Recette d’un projet

Recette d’un projet

     Un projet d’architecture s’articule autour de trois grands pivots : le site, le programme et le concept.

Le site

Si on tente un comparaison entre l’architecture à la cuisine, le site est le moule d’un projet. Il en est la source et le contexte. ; c’est l’environnement dans lequel le design puis le projet construit seront amenés à évoluer et qui lui a souvent donné sa forme. Il peut s’agir d’un creux dans une ville, d’un bâtiment à réhabiliter, d’une extension ou l’un terrain posée au milieu de nulle part. Une analyse détaillée du contexte est bien sur la clé d’un bon départ de projet. Elle doit être quantitative et qualitative. Parler à la fois en terme de chiffres, de prix, de surface et de ratio. Mais aussi en terme de ressenti, de matière, de couleur, de personnes rencontres et de détails vus ici et là.

Le programme

Si le site est le moule, le programme est la liste des ingrédients. Elle est plus ou moins imposée par le client suivant si il veut absolument des profiteroles bon marché ou si il préfère les expérimentations culinaires autour du canard. La liste des ingrédients et les quantités ne sont pas exhaustive. Un espace est plus souvent défini par sa qualité -lumière, couleur, espace – que par son nombre de mètre carré. Comme toujours en art, il est plus important de chercher la qualité que la quantité. Si un programme est souvent fournis par le client, c’est au designer d’écrire son propre programme, en fonction de son concept, de ce qu’il a compris du site et de ce qu’il a compris des attentes du client.

Le concept

Il peut découler de l’analyse de site ou non. Il est en tout cas lié à elle car il répond souvent à un besoin du programme ou du site. Le concept est ce qui est peut être le plus facile à trouver et le plus dure à tenir quand on fait de l’architecture. Il s’agit une idée phare, un fil rouge qui accompagne chaque décision prise pour le projet et qui est dans chaque argument présenté. Cette idée peut être représenté par un schéma, un mot, une phrase, une image ou une métaphore. Il servira tout le long du processus créatif à décrire le projet en deux phrases, quelque soit la complexité de ce dernier.

Le dessin

Quant ces trois piliers sont plantés, on peux commencer la conception d’un projet d’architecture en passant de l’un à l’autre. Il n’y a pas de phase de conception plus facile qu’une autre, tout dépend de la personne et du projet. Concevoir est un aller retour : entre son bureau et le site, entre un ordinateur et des dessins, entre les livres de réglementations et les revues d’architecture.

Il est important d’avoir du recul sur son travail. Quand un projet est bloqué, deux solution s’offrent à nous. Nous pouvons retourner en arrière pour voir à partir de quand le concept a commencé à perdre sa route. Ou foncer tête baissée et essayer frénétiquement toutes les solutions jusqu’à en trouver une qui marche. La méthode adoptée dépendra le plus souvent du temps dont dispose l’architecte. Si la première méthode est plus efficace d’un point de vue globale, elle est plus longue, et on connais la propension des architectes à travailler dans l’urgence.

N’ayons pas peur

N’ayons pas peur, la création est un processus long. Elle passe par des phases répétitives ou laborieuses mais ce sont ces phases de « pilote automatique » qui donnent corps au projet. Dessiner les détails une façade ou découper minutieusement une maquette sont les étapes qui verront naître un projet. Bien plus que la recherche de mille photos de références ou que le griffonnage d’un millions de croquis bâclés. Nous faisons des études qui sont exigeantes en quantité de travail, en niveau de connaissance, en patience et en minutie.

N’ayons pas peur de laisser notre projet décanter. Allons voir une expo car un architecte s’alimente de tout : virtuel, tactile ou odorant. N’ayons pas peur de passer une nuit sur le dessin de la rambarde. Des centaines de gens la prendront dans la main tous les jours. N’ayons pas peu de nous tromper et de recommencer, d’écouter les avis des autres et de nous laisser porter par notre passion.

« L’architecture c’est le vide, à toi de le définir »

Luigi Snozzi

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