Exercice de semestre 3 de l’école d’architecture de Lyon (ENSAL) : faire, en une page A4, le résumé et le commentaire argumenté d’une conférence, quelque soit le sujet.
Conférence de Bernard Tschumi au centre Pompidou
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Architecture / Cinéma / Littérature par Bernard Tschumi
Conférence tenue au Centre Pompidou, le 23 mai 2014, dans le cadre d’une exposition de l’ensemble des ouvres de Tschumi. Elle est faite à trois voix avec Alain Fleischer et Denis Hollier, ainsi qu’Antoine Compagnon, par enregistrement interposé.
Résumé
Tschumi commence son intervention en présentant le thème, “l’intertextualité et la contamination des disciplines”. Ses trois invités servirons de fils conducteurs aux trois axes de son discours : la discipline, la recherche et la théorie.
Il commence par interroger Hollier, éditeur des œuvres complètes de Georges Bataille, sur la recherche de ce dernier en architecture. Hollier parle de Bataille comme un braconnier de l’architecture. Il ne connaît rien au sujet et ne s’intéresse qu’aux concepts de celle-ci, à leurs idéologies. Tschumi fait un parallèle avec Foucault qui, sans parler d’architecture, parle d’organisation spatiale et d’organisation sociale. Sa théorie, comme celle de Bataille, parle aux architectes.
Tschumi interroge ensuite Fleischer sur la composition entre son travail de photographe, de cinéaste et d’écrivain. Ce dernier utilise la métaphore du labyrinthe. On y échappe au regard de l’autre et on sort continuellement du cadre sans sortir, du labyrinthe lui-même. Il cherche à aller dans le fond de chaque domaine pour échapper aux autres. Tschumi préfère, lui, interroger les marges d’une discipline plutôt que son fond. Il faut un parallèle avec le travail du cinéaste Eisenstein sur la fragmentation et la simultanéité de la vision. En effet, les architectes travaillent avec les outils coupe/plan/élévation.
Le dernier intervenant est interrogé sur la notion de théorie et sa transversalité. Tschumi répond lui-même en expliquant un jeu : remplacer le mot littérature par architecture dans un texte théorique de construction de récits et le résultat reste cohérent. Compagnon parle beaucoup aussi des constructions de Tschumi. Il lui permet de conclure par la phrase “les moments de théorie n’ont jamais été une fin en soi”.
Avis personnel
J’ai beaucoup aimé cette conférence, car elle ne parlais finalement que peu d’architecture, bien que ce mot soit revenu une bonne dizaine de fois dans le discours. Elle explicite avant tout la trans-disciplinarité et le glissement, d’un domaine vers un autre.
La première partie, la théorie, a été compréhensible pour moi uniquement par le jeu que décrit Tschumi de remplacer les mots d’un texte. En effet les notions abordées et les personnes évoquées m’étaient jusque là parfaitement étrangères. Le jeu est pour moi l’expression la plus simple et peut être la plus efficace de la trans-disciplinarité. C’est à partir de ce jeu que Rossi a pu faire un Hôtel de Ville à partir de la typologie d’une prison. C’est également à partir de ce jeu que les architectes ont pu classer les typologies de bâtiments à partir de diagrammes construits par des biologistes.
Les références que j’ai trouvé très intéressantes sont celles faites à Eisenstein. Tschumi analyse la mécanique de son film avec des outils et un point de vue d’architecte. Tschumi fait cependant une remarque avec laquelle je ne suis que partiellement d’accord. Il dit qu’Eisenstein se permet de critiquer l’architecture avec d’autant plus de facilité qu’il n’a pas à construire. Je pense que ce n’est pas tant le fait qu’il ne construise pas, mais le fait qu’il opère presque le même rôle dans une autre discipline. Il est maître d’œuvre d’un film ce qui lui donne à la fois la connaissance de la fonction et le recul de la discipline. Ce recul, Tschumi ne l’a que partiellement, car, ayant peu pratiqué, il a cependant beaucoup expérimenté à petite échelle en parallèle de ses recherches théoriques.
Mon regret dans cette conférence et qu’elle soit peu accessible à ceux qui ne connaissent pas l’œuvre de Tschumi. Il ne prend jamais le temps de l’expliquer ou la vulgariser.


