Apprendre à voir l’architecture de Bruno Zevi
Apprendre à voir l’architecture de Bruno Zevi

Apprendre à voir l’architecture de Bruno Zevi

Saper vedere l’architettura en version originale

Livre en PDF

Fiche de lecture de première année sur ce livre de Bruno Zevi, grand classique de l’étudiant ou de l’intéressé.

Je ne peux que vous conseiller de l’acheter, car il est plus facile à lire en format papier. Petit plus, vous pourrez ainsi le prêter. Si, comme moi, vous avez des amis/connaissances architectes, vous pouvez l’emprunter à ceux qui ont déjà eu cette bonne idée.

Pour les numéros de page, se référer à l’édition suivante :

Bruno Zevi, Apprendre à voir l’architecture, Les éditions de minuit, Paris, 1959

Résumé

B. Zevi pose dès le début sa problématique, évidente pour une livre d’introduction à l’architecture, « qu’est-ce que l’architecture ? » p. 11. Sa réponse est simple : l’espace ; espace interne, espace externe. L’important dans l’architecture n’est pas ce qu’il appelle le « coffre mural » mais l’espace qu’il contient et l’espace qui l’entoure, cet espace dans lequel l’Homme vie et évolue. Cet espace est perçu grâce aux quatre dimensions de l’architecture : la largeur, la hauteur, la profondeur et l’angle de vue. Zevi développe sa thèse autour de trois axes de réflexion. Ce sont l’espace et sa représentation, l’évolution de la perception de l’espace à travers les époques, les différentes manières d’interpréter de l’architecture.

Représentation

L’auteur démontre sa thèse, plans et photos à l’appui. Il est clair pour lui que l’espace tridimensionnel ne peut être représenté simplement pas un plan. Le plan ne peut rendre l’impression des quatre dimensions et le rapport espace interne/ espace externe. « L’essentiel de l’architecture, ce que l’on devrait mettre en valeur dans la représentation planimétrique, ce ne sont pas les limites données à la liberté spatiale, c’est cette liberté même, définie et créée par les murs. » p. 24. Il en va de même pour les façades ou élévations. Elles ne peuvent être comprises sans un minimum d’interprétation de la part du dessinateur. Une façade en deux dimensions peut être comprise par la simple différentiation des matériaux. L’élévation d’une façade comportant trois dimensions doit être agrémentée de perspectives ou de photos pour pouvoir être comprise.

La photographie est pour lui une des trois grandes formes de représentation. C’est même la plus pertinente puisqu’elle « assume la tâche immense de reproduire fidèlement tout ce qui est bidimensionnel ou tridimensionnel en architecture » p. 33. La réunion de tous les moyens de représentation permet une représentation complète de l’espace en quatre dimensions. C’est pourquoi l’auteur agrémente sa thèse par des plans et des photos des bâtiments pris en exemple. La démarche argumentative de Zevi suit le plan simple de démonstration : thèse, arguments appuyés d’exemples et conclusion. Cette trame se répète à chaque nouveau développement avec des exemples de lieux de cultes, pour la plupart, qui sont mis en relation.

Perception

Son deuxième axe de développement est l’évolution de la perception de l’espace à travers les époques. Il s’appuie sur des analyses spatiales, volumétriques, de décoration et d’échelle, notamment des lieux de culte. Ce biais permet de cibler l’analyse sur la relation des Hommes avec leurs dieux. Le style calme et le vibrant raffinement des grecs ; l’échelle monumentale des romains ; le rythme des colonnes paléochrétiennes ; la dilatation de l’espace des byzantins ; les espaces internes romanes ; l’ossature ciselée gothique ; la réflexion mathématique du quattrocento ; les volumes unitaires et massifs du Cinquecento ; la libération du baroque ; la sobriété du XIXe siècle ; le fonctionnalisme des modernes. En enchainant les périodes, en les comparants et en les reliant, Zevi jette des ponts dans l’histoire et lie les mouvements qui se sont inspirés les uns les autres.

« L’église [paléochrétienne] conjugua l’échelle humaine des grecs, et la conscience de l’espace interne des romains. » p. 46

Bruno Zevi
Interprétation

Le dernier axe qui guide sa pensée est l’interprétation. Dans tous les domaines et toutes les pensées, l’interprétation est toujours aléatoire et discutée même au sein des plus grands. Zevi y consacre une bien grosse partie de son développement, mettant en parallèle neuf formes d’interprétations qui se recoupent, se contredisent et se complètent. Zevi ne les rédige plus en suivant le schéma argumentatif, il se contente de donner les interprétations comme des biscuits, de manière non exhaustive et en ne cherchant pas à ce qu’on les contredis.

L’interprétation politique parait évidente puisqu’il s’agit de définir le contexte historique de l’œuvre. Les interprétations philosophiques et religieuses sont plus ciblées puisqu’elles visent essentiellement les lieux de culte mais elle est à lier avec le contexte politique, « À partir du moment où « Renaissance » signifiait laïcité ou protestantisme, il était naturel que l’Église de Rome se rebelle et favorise l’architecture baroque, dont le faste s’oppose à la rigueur humaniste » p. 94. Les deux premières interprétations sont à mettre en liens avec l’économie et le sociale qui, c’est bien connu, se détache peu souvent de la politique. Or, même Zevi le met entre guillemets : « L’architecture est l’autobiographie du système économique et des institutions sociales » p. 95. Les interprétations matérialistes et psycho-physiologistes sont à mettre en relation puisqu’ils sont spécifiques aux différentes cultures et ne déplacent que rarement.

Avis personnel

      Mon opinion sur ce livre, sans être mitigé n’est pas des meilleurs. Alors que la première, la troisième partie ainsi que la conclusion du livre sont plaisant à lire et bien argumentés, le chapitre « les époques de l’espace » manque de diversité puisque Zevi compare exclusivement des églises européennes, de plus souvent chrétiennes, sans mettre en parallèle la façon d’habiter les maisons et les villes de l’époque. En dehors de cette étroitesse dans la comparaison, le livre introduit parfaitement au décryptage de l’architecture et donne une base non négligeable en histoire et culture architecturale.

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